La Relaxation psychanalytique Sapir

La naissance de la Relaxation à Inductions Variables, qui deviendra Relaxation Psychanalytique Sapir, se situe autour des années soixante à l’Hôpital Rothschild à Paris. Cette méthode s’est élaborée à partir du Training Autogène de Schultz, apporté de Suisse par Félix Labhardt en 1954.

À la suite de Freud, les travaux de nombreux auteurs tels S. Ferenczi, D.W. Winnicott, Fr. Dolto… et dans un autre champ M. Balint, viendront alimenter et sous-tendre la théorie et la pratique des thérapeutes, tant en cure individuelle qu’en groupe.
Grâce à la formation psychanalytique des praticiens, la relaxation prend en compte les manifestations de l’inconscient dans l’approche corporelle qu’elle propose.
Le corps de chacun garde en mémoire son histoire. Les sensations corporelles permettent d’en retrouver les traces.
Dans la Relaxation Psychanalytique Sapir, le psychanalyste-relaxateur, à travers les inductions verbales et tactiles, permet au sujet de se mettre à l’écoute de ses sensations, de les mettre en mots et de faire des liens avec son histoire. La sensation constitue ainsi une voie d’accès à l’inconscient.

Psychothérapie

La Relaxation est proposée en cure
individuelle ou en groupe.

Formation à la relation soignante

la Relaxation est proposée aux soignants,
quelle que soit leur profession
(voir cursus de formation).
En groupe

Formation à la fonction de thérapeute en relaxation

la Relaxation est proposée à des psychothérapeutes-psychanalystes
(voir cursus de formation).
En groupe puis en individuel

Groupes de relaxation psychanalytique : Un outil de formation pour les soignants

C’est à M. Sapir que nous devons la mise en place de la Relaxation Psychanalytique, qui s’est aussi appelée : Relaxation à Induction Variable. Si elle est née à partir du Training Autogène de Schultz, autour des années 55–60, elle s’en est vite éloignée avec les premiers praticiens, qui, psychanalystes Freudiens, se sont beaucoup inspirés des travaux de Férenczi, Winnicott, Dolto, Balint.
Le but n’est pas de se relaxer, la relaxation est proposée comme une mise à l’écoute du corps et n’est en effet qu’un moyen, au même titre que le divan, pour faciliter le lâcher des défenses et la circulation psychique qui permet un travail analytique.
Le psychanalyste-relaxateur, à travers ses inductions, verbales, tactiles ou autres, permet au sujet de se mettre à l’écoute des sensations qui vont alors surgir en lui, de les mettre en mots et de faire des liens avec son histoire.
Il s’agira ici de groupes de formation composés d’une dizaine de soignants d’horizons différents, réunis régulièrement pendant trente trois séances.
L’animation du groupe est effectuée idéalement par un couple mixte avec un observateur soit chevronné soit en formation. Tous trois ont une formation psychanalytique.
La séance de relaxation se déroule en deux temps : un temps de relaxation initié par des inductions verbales, suivi d’un toucher et un temps de parole où chacun exprime à son rythme, son ressenti, le met en mots. Le toucher et l’induction verbale sont variables au fil  des séances.
Le travail se fait autour des sensations corporelles, à travers l’impact de la parole et du toucher des animateurs, attentifs à ce que s’articulent les deux processus : régression narcissique groupale, régression narcissique du sujet.
Il ne s’agit pas de cure, mais de formation pour des soignants désireux d’interroger leur relation au soin, par une approche corporelle, dans un groupe.
L’association relaxation-groupe permet de mettre en mouvement la relation au corps propre, dans un cadre contenant, le groupe servant à la fois de vecteur, de support, de contenant et d’induction.
L’appel à la sensorialité engage un travail de régression qui convoque tous les sens.
Ainsi invitons-nous les relaxants à ressentir ce qui se passe dans leur corps ; les sensations cénesthésiques, mais aussi, à mettre en éveil leurs sens : le toucher, l’odorat, le goût, l’ouïe, la vision. C’est-à-dire, à mobiliser ces organes des sens qui étaient si présents chez l’infans, et même dès la vie foetale.
« Chez l’infans, nous dit J.Mac Dougall, le psychisme est organisé sur un mode pré langagier » en même temps que les premières transactions mère-nourrisson se font dans « une communauté langagière… Pour le petit de l’homme, au commencement n’était pas la parole, mais la voix… une voix imprégnée de la corporéité de la mère… A la voix maternelle, il faut ajouter toutes les autres perceptions des sens : l’odorat, le toucher, les vécus cénesthésiques… et kinesthésiques… un moi-peau, mais aussi un moi-odorat, un moi-respiratoire, un moi-digestif ».
Notre hypothèse est que, depuis que nous avons un corps et des récepteurs sensoriels, tout ce que nous avons vécu avec ce corps, notre histoire, s’est inscrite, au fil du temps, dans le sensoriel, par lequel nous pourrons donc retrouver ses inscriptions. Ainsi, le dispositif de la relaxation psychanalytique va-t-il favoriser leur expression, par l’émergence de leur empreinte. Notre préoccupation est que les sensations corporelles puissent être perçues, puis les perceptions mises en mots, pour être reçues, entendues par un autre.
La sensation a un statut bien particulier dans le dispositif mis en place. Elle surgit dans un cadre bien précis, bordé par le temps et l’espace, et qu’elle est en quelque sorte une réponse à une induction. Elle a une adresse ainsi que le discours qui la porte.
Elle s’inscrit dans le transfert qui s’institue d’emblée dès les premières séances.

A propos du toucher
Nous avons parlé de toucher ; en effet, dans le cadre que nous proposons dans la RPS, le toucher est un élément central. Après avoir proposé une induction verbale, nous touchons les participants.
Le toucher fait partie du cadre, il est posé comme tel, attendu de la part des participants, réfléchi du côté des animateurs, il n’a rien à voir avec un quelconque passage à l’acte de leur part.
Nous sommes conscients qu’il s’agit là d’une opération « risquée » qui suppose pour l’analyste, une vigilance soutenue sur ce qui se déroule, et du côté de ce qu’il perçoit chez le relaxant, et du côté de ce qu’il perçoit de ses propres motions pulsionnelles contre-transférentielles.
Quel est le sens de ce toucher, comment est-il reçu, que produit-il ?
« J’ai eu la sensation d’être emprisonnée dans un carcan », verbalise Bernadette lors d’un de nos groupes de formation par la relaxation ; elle dit avoir ressentie sa peau comme « une croûte épaisse » qui ne sentait rien. Lui est alors revenue en mémoire cette représentation d’elle-même, toute petite, plâtrée de la poitrine aux jambes pendant plusieurs mois.
L’induction sur la peau : « … Le corps présent, enveloppé par la peau qui le protège… », suivie du toucher des jambes, avaient reconvoqué chez elle cette absence criante de contact entre son corps et le corps de l’autre.

La main qui touche vient interroger la sensation.
On voit bien avec Bernadette, comment c’est la sensation de la main de l’autre sur sa peau, qui a réveillé chez elle l’absence de cette sensation-là, à un moment de sa vie où elle aurait eu tellement besoin que sa relation à l’autre passe par le corps à corps. L’induction verbale sur la peau avait provoqué chez Bernadette du rejet : « la peau, ça ne me dit rien, je ne sens rien », mais, dans ce contexte, la main du relaxateur posée sur une de ses jambes, cet élément corporel réel, va provoquer chez elle une sensation, qui, prise dans le champ transférentiel, va engendrer des associations, en sollicitant des traces mnésiques corporelles.

Ce toucher arrive dans un moment où le sujet est avec lui-même, dans sa propre intimité ; il introduit la présence d’un autre dans cette intimité. Il invite chacun à la rencontre des sensations corporelles vécues dans le passé, donc inscrites dans quelque lieu, à l’insu de soi.
Ainsi, les participants sont-ils surpris de se retrouver aux prises avec des sensations très archaïques :
Mireille : « J’étais comme un bébé emmailloté dans ses langes » ;
Elise : « Après le toucher, j’ai eu la sensation d’être lâchée, comme un bébé à qui on fait le réflexe de Moreau ».
Dans un groupe, le toucher, c’est aussi le moment où les animateurs s’approchent de l’un, « s’en occupent », puis le quittent pour aller vers un autre. Etre choisi, être laissé, être ou non préféré. Anne, en entendant les animatrices se déplacer, a l’idée qu’elles vont l’oublier.
Le toucher marque l’individuel dans le groupe ; en effet, si nos paroles sont adressées à tous (même si chacun les reçoit personnellement), notre toucher est adressé à chacun individuellement.
« Quand vous vous êtes penchée au-dessus de moi, verbalise Madeleine, j’ai senti l’odeur de votre parfum ; ça n’est pas le même que celui de ma mère, mais je me suis retrouvée toute petite dans mon lit, quand ma mère venait m’embrasser le matin avant de partir travailler ; je gardais son parfum, jusqu’à la sonnerie du réveil ». Enveloppée par cette odeur-doudou, Madeleine devait attendre la sonnerie du réveil, se lever seule et aller prendre son petit déjeuner chez la voisine.
C’est par le canal du transfert que la situation affective pourra se représentifier et se dire. Ce n’est pas l’odeur du parfum de sa mère qui a replongé Madeleine dans son lit de petite fille enveloppée par le parfum de sa maman ; ce parfum a été suggéré par une odeur qui, véhiculée dans le transfert, a produit cet effet.
Nous sommes bien dans le registre du symbolique et le toucher ne se borne qu’à venir interroger directement le corps.

Dire
Si ce dispositif fait volontairement appel aux sensations, celles-ci n’auraient pas le même intérêt sans les mots. Des mots qui vont permettre de faire des liens, de donner sens aux sens. C’est le moment où nous sommes, animateurs, le plus proches d’une position de psychanalyste classique, en écoutant les mots de
chacun, en accompagnant par nos interventions la recherche du sens de ce qui a été vécu.
Nous invitons les participants à rester au plus près de ce qu’ils viennent de vivre dans leur corps. C’est un temps de création au cours duquel ce qui a pu être ressenti comme « une sensation de froid », « un gargouillis insignifiant », va devenir une porte ouverte vers un monde oublié.

Il y a ce qui a été ressenti et la représentation que le relaxant a pu construire à partir de ce qui s’est passé pour lui dans son corps. Représentation, nous disent Monique Meyer et François Reverchon*, qui a « pris son origine, associativement dans le ressenti du corps, dans l’inondation des stimuli sensoriels (intérieurs et extérieurs), reconnus ou non au plan conscient ».
De quoi parler, de quoi ne pas parler ? A qui ce dire s’adresse-t-il ?
Cette opération de choix aura un sens.
« J’ai eu des images floues, mais je ne sais pas ce que je vais en dire pour que ce soit cohérent. J’ai eu des images dont je ne veux pas parler ici » — C’est trop intime ? « Oui, c’est ça, et puis ça ressemble à rien, c’est pas partageable, pas compréhensible », livre Lise.
Nous ne sommes pas dans la situation de la cure type avec sa règle fondamentale de dire tout ce qui vient à la conscience. Pendant les temps de silence, chacun est avec lui-même, au milieu des autres, à l’écoute de ses propres sensations dont il sait qu’il aura à en restituer quelque chose. Il va donc prendre le temps de formuler, d’essayer de mettre des mots sur ce qui a surgi en lui, dans son corps, il va évaluer ce qu’il peut en transmettre, ce qui peut être entendable par les analystes, mais aussi par le groupe.
Si les destinataires des paroles sont le plus souvent les trois psychanalystes : les deux animateurs, qui peuvent réagir à ces paroles, et l’observateur qui consigne tout ce qui est dit pour le garder en mémoire, le groupe va aussi permettre des transferts latéraux entre les participants, que nous aurons également à repérer.
Au cours des séances, nous voyons rapidement émerger les sensations et leurs couleurs, les connotations de plaisir, déplaisir, les affects, différents d’un participant à l’autre et suivant les moments. Les représentants paternel et maternel font leur apparition. Nous sommes le lieu des projections et des identifications projectives.
Dans ce temps d’échange verbal, il ne s’agit pas pour nous de transformer le groupe de relaxation en analyse de groupe. Notre expérience nous amène à penser qu’un travail d’équilibre s’effectue entre le singulier et le pluriel groupal.

En groupe
Le groupe va jouer un rôle, soit de frein, soit parfois de facilitateur. On retrouve, dans ce temps d’échange verbal, les phénomènes de groupe connus (Kaes) qui jouent leur rôle habituel :
Rôle contenant par exemple pour Sylvain : « le groupe, ça me rassure, je me sens plus en sécurité, là, avec les autres autour… je crois que sans le groupe, je n’aurais pas supporté vos mains. ».

Il y a du groupe dans l’utilisation qu’ils font de l’espace, disposant les matelas, tantôt en rangs de dortoir, en étoile, en désordre, etc…à côté de la porte, à côté de tel ou tel…
A quelle place chacun va-t-il s’installer, à côté de qui, loin de qui d’autre ? Et que va-t-il pouvoir en faire ?
Claire, à sa voisine : « Je t’entendais respirer très fort à côté de moi, j’ai eu l’impression que tu étouffais, et je n’ai pas pu me détendre ». Ou encore Claude :
« Allongée avec les autres à côté, je me suis retrouvée à l’internat ; il y avait même les surveillantes ! ».
On repère également les jeux de projection-identification qui peuvent être primaires favorisés par la passivité de la relaxation ou secondaires étayés par les signifiants apportés par un autre.
Ce balancement entre le singulier qui passe par le corps et le pluriel qui fait corps de groupe caractérise notre travail et confirme notre vocation d’équilibriste au sens d’un travail de crête, de bordure, de limite, de passage qui favorise l’émergence des processus inconscients.
L’essentiel est que s’initie à partir d’une régression sur le corps propre une fantasmatisation qui peut soit rejoindre ou s’appuyer sur certains mouvements groupaux ou s’inscrire dans une chaine signifiante personnelle.
Dans ce dispositif bien spécifique, le groupe participe de la recherche de chacun dans son parcours identitaire à travers ce qui s’énonce du corps.
Mais ceci n’est-il pas une gageure ? Ainsi que le souligne J.P. Lehmann, dans son article du livre sur les groupes de relaxation, paru en 1985 chez Dunod :
« Paradoxes de la relaxation psychanalytique en groupe ». A la page 23, il cite René Kaes dans son ouvrage de 1976 sur l’appareil psychique groupal : « Prendre corps dans le groupe, c’est faire du corps de chacun un objet partiel, c’est nier le corps propre contingent et limité… et plus loin : Le groupe prend corps de cette négation du corps singulier ».
J.P. Lehmann poursuit en disant : « Ainsi se présente une aporie majeure que nous ne pouvons éluder. Elle peut être énoncée sous cette forme : quant au processus régressif propre à la relaxation, ne risque-t-il pas de se perdre dans la régression narcissique groupale ? »
Pour tempérer ces propos, il nous faut tout de même préciser que le dispositif spatial particulier de ces groupes va réintroduire une part de l’individu : à la première séance, nous proposons aux participants de se présenter, chacun s’allonge ensuite sur un matelas qu’il dispose à son gré dans la pièce et le trio
d’animateurs est assis sur des chaises – Aucune consigne n’est donné à ce sujet.
Puis les animateurs prennent la parole, pour accompagner chacun dans sa détente, et si l’induction verbale s’adresse à tous, elle est reçue individuellement. Mais l’individu est surtout totalement convoqué dans le temps du toucher, ce corps à corps avec l’un des animateurs, qui provoque ensuite dans le temps de parole, des moments clairement transférentiels : « Je ne sais pas qui m’a touché, l’homme ou la femme », « J’ai cru que vous m’aviez oubliée », « Pourquoi m’avez-vous touché si vite ? », « Est-ce-que vous touchez tout le monde de la même façon ? »…
Au décours de ces groupes, nous restons très proches d’une clinique de la sensorialité et de sa mise en mots. Les interventions des animateurs, dans le temps de l’échange verbal, même si elles sont sous tendues par des éléments de dynamique de groupe, restent dans le champ de la relaxation et des processus de pensée individuels des participants.
Le cadre proposé, sa contenance, sa régularité permettent de faire de cette expérience personnelle en groupe, une expérience fondatrice dans le cursus de formation proposé.

La Relaxation Psychanalytique, un outil de formation
La relaxation, avec sa mise en question du corps dans sa relation à la parole et dans le corps à corps nous a très vite semblé un outil de choix pour la formation des soignants à la relation soignant-soigné et c’est l’origine de nos groupes depuis plus de cinquante ans. Sa transmission, en tant que méthode de soin psychothérapeutique passe, elle aussi, par un premier temps de groupe à implication personnelle.
Dans le chapitre sur la formation que j’avais écrit dès 1975 dans notre premier livre intitulé « La relaxation : son approche psychanalytique », je commençais par cette remarque : « Lorsqu’on dit d’une fille qu’elle est formée, cela signifie qu’elle peut désormais enfanter ».
S’agit-il donc pour nous de donner naissance à des êtres qui nous continuent ? Je proposais les deux aspects que j’ai déjà évoqués plus haut.
— la formation par la relaxation qui s’adresse à tous les soignants et vise à modifier l’approche relationnelle de leurs malades à travers un changement personnel de leur relation à leur propre corps.
— la formation à la relaxation qui, plus que la transmission d’un savoir, est celle d’une expérience d’acquisition d’une approche spécifique d’un patient en psychothérapie à médiation corporelle.
Ceci nous amène à poser ici une question difficile : Ces groupes dits de formation sont-ils des groupes thérapeutiques ? Elle se pose pour tous les groupes de formation. Mais, il est évident que ces groupes personnels animés sur le même mode que des groupes de malades ne peuvent être formateurs que s’ils viennent
toucher chez le soignant des zones très profondes de leur personnalité ; mais en même temps, ce sont des groupes à terme relativement brefs et qui répondent à une demande de formation initiale du soignant. Il ne peut bien sûr y avoir de réponse précise et chacun va utiliser ce groupe à sa manière comme dans toutes les autres formations psychanalytiques de groupes à médiation.
Toutefois, la spécificité de la médiation corporelle va apporter ici une dimension particulière d’une grande richesse. Elle éclaire les zones souvent inexplorées de la relation avec nos patients.

Ainsi, je me souviens d’une infirmière allongée dans un groupe qui, dans le dernier temps de la parole, a dit qu’elle avait très peur à l’approche de l’animateur qui venait la toucher. Et elle associait sur le fait qu’elle n’avait jamais imaginé la peur que peut ressentir un malade dans son lit, à l’approche d’un soignant dont il ne sait quoi attendre. Et elle précisait qu’elle avait craint qu’il ne lui écrase la main, soulignant ainsi une agressivité possible. A partir de là, tout un vécu infantile de souvenirs est remonté.
Au cours des années, nos exigences de formation se sont structurées en un cursus qui a pris maintenant une forme bien précise. Le candidat se verra proposer dans un premier temps, après un entretien préliminaire avec un des membres de l’association qui deviendra son référent et ne l’aura pas dans son groupe, de participer à un groupe personnel qui sert de tronc commun aux deux aspects de la formation par et à…
Les groupes mensuels avec huit à dix personnes de 35 séances se déroulent ainsi que nous vous les avons présentés, animés par un couple de relaxateurs psychanalystes et un observateur.
Au terme du groupe, le candidat aura un entretien avec son référent et pourra éventuellement poursuivre le cursus s’il a un parcours analytique (qui n’est pas demandé pour participer aux premiers temps de la formation).
Dernier temps de ce premier module, tronc commun, une journée de travail trois mois après la fin du groupe, appelée « journée perspectives ».
Le deuxième module est celui de la formation de psychothérapeute en relaxation psychanalytique Sapir.
Il ne s’adresse qu’à des soignants déjà engagés dans une démarche psychanalytique, et ayant suivi le premier module.
Enfin, le troisième module est celui de la formation de formateurs, qui s’adressent aux personnes ayant suivis les deux premiers modules, qui souhaitent faire partie de notre équipe d’animation des groupes de formation.
Voilà pour l’aspect concret des choses.
Je dirai enfin un mot de l’utilisation de la relaxation sous forme de sensibilisation au cours de séminaires de formation à la relation soignant/soigné par la méthode Balint. Il s’agit là d’une approche très brève de deux séances d’une heure avec des groupes d’une douzaine de soignants où les séances se déroulent sur le mode que nous avons longuement décrit. Alors que dans tout le reste du séminaire, le cas présenté d’un malade permet une certaine distanciation, même s’il est traité en travaillant beaucoup sur le contretransfert, dans les groupes de relaxation, le soignant par contre est impliqué directement avec son corps propre.
Nous avons constaté fréquemment que même cette approche minimale modifiait le discours du soignant dans la présentation ultérieure des cas.

En conclusion
Nous souhaitons souligner l’originalité de cette approche qui, tout en étant groupale privilégie l’individu, à travers un travail sur la sensorialité, dans une régression induite, à la fois par le groupe et par la méthode de relaxation.

Son importance dans la formation des soignants à la relation avec leurs patients, nous semble reposer sur le fait qu’elle leur permet de mettre en mots des réactions corporelles contre-transférentielles, qui leur restent généralement inconnues mais que le patient, lui, ressent fort bien.

Communication faite à Athènes en Octobre 2010 dans le cadre du congrès européen de psychanalyse de groupe