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GROUPES DE RELAXATION PSYCHANALYTIQUE SAPIR
UN OUTIL DE FORMATION POUR LES SOIGNANTS

Simone Cohen-Leon
Christiane d'Olier


C’est à M.Sapir que nous devons la mise en place de la Relaxation
Psychanalytique, qui s'est aussi appelée : Relaxation à Induction Variable. Si elle
est née à partir du Training Autogène de Schultz, autour des années 55-60, elle
s’en est vite éloignée avec les premiers praticiens, qui, psychanalystes Freudiens,
se sont beaucoup inspirés des travaux de Férenczi, Winnicott, Dolto, Balint.
Le but n’est pas de se relaxer, la relaxation est proposée comme une mise à
l’écoute du corps et n’est en effet qu’un moyen, au même titre que le divan, pour
faciliter le lâcher des défenses et la circulation psychique qui permet un travail
analytique.
Le psychanalyste-relaxateur, à travers ses inductions, verbales, tactiles ou autres,
permet au sujet de se mettre à l’écoute des sensations qui vont alors surgir en lui,
de les mettre en mots et de faire des liens avec son histoire.
Il s'agira ici de groupes de formation composés d'une dizaine de soignants
d’horizons différents, réunis régulièrement pendant trente trois séances.
L’animation du groupe est effectuée idéalement par un couple mixte avec un
observateur soit chevronné soit en formation. Tous trois ont une formation
psychanalytique.
La séance de relaxation se déroule en deux temps : un temps de relaxation initié
par des inductions verbales, suivi d’un toucher et un temps de parole où chacun
exprime à son rythme, son ressenti, le met en mots. Le toucher et l’induction
verbale sont variables au fil des séances.
Le travail se fait autour des sensations corporelles, à travers l’impact de la parole
et du toucher des animateurs, attentifs à ce que s’articulent les deux processus :
régression narcissique groupale, régression narcissique du sujet.
Il ne s’agit pas de cure, mais de formation pour des soignants désireux
d’interroger leur relation au soin, par une approche corporelle, dans un groupe.
L’association relaxation-groupe permet de mettre en mouvement la relation au
corps propre, dans un cadre contenant, le groupe servant à la fois de vecteur, de
support, de contenant et d’induction.
L’appel à la sensorialité engage un travail de régression qui convoque tous les
sens.
Ainsi invitons-nous les relaxants à ressentir ce qui se passe dans leur corps ; les
sensations cénesthésiques, mais aussi, à mettre en éveil leurs sens : le toucher,
l’odorat, le goût, l’ouïe, la vision. C'est-à-dire, à mobiliser ces organes des sens
qui étaient si présents chez l'infans, et même dès la vie foetale.
"Chez l’infans, nous dit J.Mac Dougall, le psychisme est organisé sur un mode pré
langagier" en même temps que les premières transactions mère-nourrisson se font
dans "une communauté langagière…Pour le petit de l’homme, au commencement
n’était pas la parole, mais la voix…une voix imprégnée de la corporéité de la
mère…A la voix maternelle, il faut ajouter toutes les autres perceptions des sens :
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l’odorat, le toucher, les vécus cénesthésiques…et kinesthésiques…un moi-peau,
mais aussi un moi-odorat, un moi-respiratoire, un moi-digestif".
Notre hypothèse est que, depuis que nous avons un corps et des récepteurs
sensoriels, tout ce que nous avons vécu avec ce corps, notre histoire, s’est inscrite,
au fil du temps, dans le sensoriel, par lequel nous pourrons donc retrouver ses
inscriptions. Ainsi, le dispositif de la relaxation psychanalytique va-t-il favoriser
leur expression, par l’émergence de leur empreinte. Notre préoccupation est que
les sensations corporelles puissent être perçues, puis les perceptions mises en
mots, pour être reçues, entendues par un autre.
La sensation a un statut bien particulier dans le dispositif mis en place. Elle surgit
dans un cadre bien précis, bordé par le temps et l’espace, et qu’elle est en quelque
sorte une réponse à une induction. Elle a une adresse ainsi que le discours qui la
porte.
Elle s’inscrit dans le transfert qui s’institue d’emblée dès les premières séances.
A propos du toucher
Nous avons parlé de toucher; en effet, dans le cadre que nous proposons dans la
RPS, le toucher est un élément central. Après avoir proposé une induction verbale,
nous touchons les participants.
Le toucher fait partie du cadre, il est posé comme tel, attendu de la part des
participants, réfléchi du côté des animateurs, il n’a rien à voir avec un quelconque
passage à l’acte de leur part.
Nous sommes conscients qu’il s’agit là d’une opération "risquée" qui suppose
pour l’analyste, une vigilance soutenue sur ce qui se déroule, et du côté de ce qu’il
perçoit chez le relaxant, et du côté de ce qu’il perçoit de ses propres motions
pulsionnelles contre-transférentielles.
Quel est le sens de ce toucher, comment est-il reçu, que produit-il?
"J’ai eu la sensation d’être emprisonnée dans un carcan", verbalise Bernadette
lors d’un de nos groupes de formation par la relaxation ; elle dit avoir ressentie sa
peau comme "une croûte épaisse" qui ne sentait rien. Lui est alors revenue en
mémoire cette représentation d’elle-même, toute petite, plâtrée de la poitrine aux
jambes pendant plusieurs mois.
L’induction sur la peau : « …Le corps présent, enveloppé par la peau qui le
protège…», suivie du toucher des jambes, avaient reconvoqué chez elle cette
absence criante de contact entre son corps et le corps de l’autre.
La main qui touche vient interroger la sensation.
On voit bien avec Bernadette, comment c’est la sensation de la main de l’autre sur
sa peau, qui a réveillé chez elle l’absence de cette sensation-là, à un moment de sa
vie où elle aurait eu tellement besoin que sa relation à l’autre passe par le corps à
corps. L’induction verbale sur la peau avait provoqué chez Bernadette du rejet :
"la peau, ça ne me dit rien, je ne sens rien", mais, dans ce contexte, la main du
relaxateur posée sur une de ses jambes, cet élément corporel réel, va provoquer
chez elle une sensation, qui, prise dans le champ transférentiel, va engendrer des
associations, en sollicitant des traces mnésiques corporelles.
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Ce toucher arrive dans un moment où le sujet est avec lui-même, dans sa propre
intimité ; il introduit la présence d’un autre dans cette intimité. Il invite chacun à
la rencontre des sensations corporelles vécues dans le passé, donc inscrites dans
quelque lieu, à l’insu de soi.
Ainsi, les participants sont-ils surpris de se retrouver aux prises avec des
sensations très archaïques :
Mireille : "J’étais comme un bébé emmailloté dans ses langes" ;
Elise : «Après le toucher, j’ai eu la sensation d’être lâchée, comme un bébé à qui
on fait le réflexe de Moreau".
Dans un groupe, le toucher, c'est aussi le moment où les animateurs s'approchent
de l'un, "s'en occupent", puis le quittent pour aller vers un autre. Etre choisi, être
laissé, être ou non préféré. Anne, en entendant les animatrices se déplacer, a l'idée
qu'elles vont l'oublier.
Le toucher marque l'individuel dans le groupe; en effet, si nos paroles sont
adressées à tous (même si chacun les reçoit personnellement), notre toucher est
adressé à chacun individuellement.
"Quand vous vous êtes penchée au-dessus de moi, verbalise Madeleine, j’ai senti
l’odeur de votre parfum ; ça n’est pas le même que celui de ma mère, mais je me
suis retrouvée toute petite dans mon lit, quand ma mère venait m’embrasser le
matin avant de partir travailler ; je gardais son parfum, jusqu’à la sonnerie du
réveil". Enveloppée par cette odeur-doudou, Madeleine devait attendre la sonnerie
du réveil, se lever seule et aller prendre son petit déjeuner chez la voisine.
C’est par le canal du transfert que la situation affective pourra se représentifier et
se dire. Ce n’est pas l’odeur du parfum de sa mère qui a replongé Madeleine dans
son lit de petite fille enveloppée par le parfum de sa maman; ce parfum a été
suggéré par une odeur qui, véhiculée dans le transfert, a produit cet effet.
Nous sommes bien dans le registre du symbolique et le toucher ne se borne qu’à
venir interroger directement le corps.
Dire
Si ce dispositif fait volontairement appel aux sensations, celles-ci n’auraient pas le
même intérêt sans les mots. Des mots qui vont permettre de faire des liens, de
donner sens aux sens. C’est le moment où nous sommes, animateurs, le plus
proches d’une position de psychanalyste classique, en écoutant les mots de
chacun, en accompagnant par nos interventions la recherche du sens de ce qui a
été vécu.
Nous invitons les participants à rester au plus près de ce qu’ils viennent de vivre
dans leur corps. C’est un temps de création au cours duquel ce qui a pu être
ressenti comme "une sensation de froid", "un gargouillis insignifiant", va devenir
une porte ouverte vers un monde oublié.
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Il y a ce qui a été ressenti et la représentation que le relaxant a pu construire à
partir de ce qui s’est passé pour lui dans son corps. Représentation, nous disent
Monique Meyer et François Reverchon*, qui a "pris son origine, associativement
dans le ressenti du corps, dans l’inondation des stimuli sensoriels (intérieurs et
extérieurs), reconnus ou non au plan conscient".
De quoi parler, de quoi ne pas parler ? A qui ce dire s'adresse-t-il ?
Cette opération de choix aura un sens.
"J’ai eu des images floues, mais je ne sais pas ce que je vais en dire pour que ce
soit cohérent. J’ai eu des images dont je ne veux pas parler ici" -C’est trop
intime ? "Oui, c’est ça, et puis ça ressemble à rien, c’est pas partageable, pas
compréhensible", livre Lise.
Nous ne sommes pas dans la situation de la cure type avec sa règle fondamentale
de dire tout ce qui vient à la conscience. Pendant les temps de silence, chacun est
avec lui-même, au milieu des autres, à l’écoute de ses propres sensations dont il
sait qu’il aura à en restituer quelque chose. Il va donc prendre le temps de
formuler, d’essayer de mettre des mots sur ce qui a surgi en lui, dans son corps, il
va évaluer ce qu’il peut en transmettre, ce qui peut être entendable par les
analystes, mais aussi par le groupe.
Si les destinataires des paroles sont le plus souvent les trois psychanalystes : les
deux animateurs, qui peuvent réagir à ces paroles, et l’observateur qui consigne
tout ce qui est dit pour le garder en mémoire, le groupe va aussi permettre des
transferts latéraux entre les participants, que nous aurons également à repérer.
Au cours des séances, nous voyons rapidement émerger les sensations et leurs
couleurs, les connotations de plaisir, déplaisir, les affects, différents d’un
participant à l’autre et suivant les moments. Les représentants paternel et maternel
font leur apparition. Nous sommes le lieu des projections et des identifications
projectives.
Dans ce temps d'échange verbal, il ne s’agit pas pour nous de transformer le
groupe de relaxation en analyse de groupe. Notre expérience nous amène à penser
qu’un travail d’équilibre s’effectue entre le singulier et le pluriel groupal.
En groupe
Le groupe va jouer un rôle, soit de frein, soit parfois de facilitateur. On retrouve,
dans ce temps d'échange verbal, les phénomènes de groupe connus (Kaes) qui
jouent leur rôle habituel :
Rôle contenant par exemple pour Sylvain : "le groupe, ça me rassure, je me sens
plus en sécurité, là, avec les autres autour…je crois que sans le groupe, je
n'aurais pas supporté vos mains.".
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Il y a du groupe dans l'utilisation qu'ils font de l'espace, disposant les matelas,
tantôt en rangs de dortoir, en étoile, en désordre, etc…à côté de la porte, à côté de
tel ou tel…
A quelle place chacun va-t-il s'installer, à côté de qui, loin de qui d'autre? Et que
va-t-il pouvoir en faire?
Claire, à sa voisine : "Je t'entendais respirer très fort à côté de moi, j'ai eu
l'impression que tu étouffais, et je n'ai pas pu me détendre". Ou encore Claude :
"Allongée avec les autres à côté, je me suis retrouvée à l'internat; il y avait même
les surveillantes!".
On repère également les jeux de projection-identification qui peuvent être
primaires favorisés par la passivité de la relaxation ou secondaires étayés par les
signifiants apportés par un autre.
Ce balancement entre le singulier qui passe par le corps et le pluriel qui fait corps
de groupe caractérise notre travail et confirme notre vocation d’équilibriste au
sens d’un travail de crête, de bordure, de limite, de passage qui favorise
l’émergence des processus inconscients.
L’essentiel est que s’initie à partir d’une régression sur le corps propre une
fantasmatisation qui peut soit rejoindre ou s’appuyer sur certains mouvements
groupaux ou s’inscrire dans une chaine signifiante personnelle.
Dans ce dispositif bien spécifique, le groupe participe de la recherche de chacun
dans son parcours identitaire à travers ce qui s’énonce du corps.
Mais ceci n'est-il pas une gageure? Ainsi que le souligne J.P. Lehmann, dans son
article du livre sur les groupes de relaxation, paru en 1985 chez Dunod :
"Paradoxes de la relaxation psychanalytique en groupe". A la page 23, il cite René
Kaes dans son ouvrage de 1976 sur l'appareil psychique groupal : "Prendre corps
dans le groupe, c'est faire du corps de chacun un objet partiel, c'est nier le corps
propre contingent et limité… et plus loin: Le groupe prend corps de cette négation
du corps singulier".
J.P. Lehmann poursuit en disant : "Ainsi se présente une aporie majeure que nous
ne pouvons éluder. Elle peut être énoncée sous cette forme : quant au processus
régressif propre à la relaxation, ne risque-t-il pas de se perdre dans la régression
narcissique groupale?"
Pour tempérer ces propos, il nous faut tout de même préciser que le dispositif
spatial particulier de ces groupes va réintroduire une part de l'individu : à la
première séance, nous proposons aux participants de se présenter, chacun
s'allonge ensuite sur un matelas qu'il dispose à son gré dans la pièce et le trio
d'animateurs est assis sur des chaises – Aucune consigne n'est donné à ce sujet.
Puis les animateurs prennent la parole, pour accompagner chacun dans sa détente,
et si l'induction verbale s'adresse à tous, elle est reçue individuellement. Mais
l'individu est surtout totalement convoqué dans le temps du toucher, ce corps à
corps avec l'un des animateurs, qui provoque ensuite dans le temps de parole, des
moments clairement transférentiels : "Je ne sais pas qui m'a touché, l'homme ou
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la femme", "J'ai cru que vous m'aviez oubliée", "Pourquoi m'avez-vous touché si
vite?", "Est-ce-que vous touchez tout le monde de la même façon?"…
Au décours de ces groupes, nous restons très proches d'une clinique de la
sensorialité et de sa mise en mots. Les interventions des animateurs, dans le temps
de l'échange verbal, même si elles sont sous tendues par des éléments de
dynamique de groupe, restent dans le champ de la relaxation et des processus de
pensée individuels des participants.
Le cadre proposé, sa contenance, sa régularité permettent de faire de cette
expérience personnelle en groupe, une expérience fondatrice dans le cursus de
formation proposé.
La Relaxation Psychanalytique, un outil de formation
La relaxation, avec sa mise en question du corps dans sa relation à la parole et
dans le corps à corps nous a très vite semblé un outil de choix pour la formation
des soignants à la relation soignant-soigné et c’est l’origine de nos groupes depuis
plus de cinquante ans. Sa transmission, en tant que méthode de soin
psychothérapeutique passe, elle aussi, par un premier temps de groupe à
implication personnelle.
Dans le chapitre sur la formation que j’avais écrit dès 1975 dans notre premier
livre intitulé « La relaxation : son approche psychanalytique », je commençais par
cette remarque : « Lorsqu’on dit d’une fille qu’elle est formée, cela signifie
qu’elle peut désormais enfanter ».
S’agit-il donc pour nous de donner naissance à des êtres qui nous continuent ? Je
proposais les deux aspects que j’ai déjà évoqués plus haut.
-la formation par la relaxation qui s’adresse à tous les soignants et vise à modifier
l’approche relationnelle de leurs malades à travers un changement personnel de
leur relation à leur propre corps.
- la formation à la relaxation qui, plus que la transmission d’un savoir, est
celle d’une expérience d’acquisition d’une approche spécifique d’un
patient en psychothérapie à médiation corporelle.
Ceci nous amène à poser ici une question difficile : Ces groupes dits de formation
sont-ils des groupes thérapeutiques ? Elle se pose pour tous les groupes de
formation. Mais, il est évident que ces groupes personnels animés sur le même
mode que des groupes de malades ne peuvent être formateurs que s’ils viennent
toucher chez le soignant des zones très profondes de leur personnalité ; mais en
même temps, ce sont des groupes à terme relativement brefs et qui répondent à
une demande de formation initiale du soignant. Il ne peut bien sûr y avoir de
réponse précise et chacun va utiliser ce groupe à sa manière comme dans toutes
les autres formations psychanalytiques de groupes à médiation.
Toutefois, la spécificité de la médiation corporelle va apporter ici une dimension
particulière d’une grande richesse. Elle éclaire les zones souvent inexplorées de la
relation avec nos patients.
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Ainsi, je me souviens d’une infirmière allongée dans un groupe qui, dans le
dernier temps de la parole, a dit qu’elle avait très peur à l’approche de l’animateur
qui venait la toucher. Et elle associait sur le fait qu’elle n’avait jamais imaginé la
peur que peut ressentir un malade dans son lit, à l’approche d’un soignant dont il
ne sait quoi attendre. Et elle précisait qu’elle avait craint qu’il ne lui écrase la
main, soulignant ainsi une agressivité possible. A partir de là, tout un vécu
infantile de souvenirs est remonté.
Au cours des années, nos exigences de formation se sont structurées en un cursus
qui a pris maintenant une forme bien précise. Le candidat se verra proposer dans
un premier temps, après un entretien préliminaire avec un des membres de
l’association qui deviendra son référent et ne l’aura pas dans son groupe, de
participer à un groupe personnel qui sert de tronc commun aux deux aspects de la
formation par et à…
Les groupes mensuels avec huit à dix personnes de 35 séances se déroulent ainsi
que nous vous les avons présentés, animés par un couple de relaxateurs
psychanalystes et un observateur.
Au terme du groupe, le candidat aura un entretien avec son référent et pourra
éventuellement poursuivre le cursus s’il a un parcours analytique (qui n’est pas
demandé pour participer aux premiers temps de la formation).
Dernier temps de ce premier module, tronc commun, une journée de travail trois
mois après la fin du groupe, appelée "journée perspectives".
Le deuxième module est celui de la formation de psychothérapeute en relaxation
psychanalytique Sapir.
Il ne s’adresse qu’à des soignants déjà engagés dans une démarche
psychanalytique, et ayant suivi le premier module.
Enfin, le troisième module est celui de la formation de formateurs, qui s'adressent
aux personnes ayant suivis les deux premiers modules, qui souhaitent faire partie
de notre équipe d'animation des groupes de formation .
Voilà pour l’aspect concret des choses.
Je dirai enfin un mot de l’utilisation de la relaxation sous forme de sensibilisation
au cours séminaires de formation à la relation soignant/soigné par la méthode
Balint. Il s’agit là d’une approche très brève de deux séances d’une heure avec des
groupes d’une douzaine de soignants où les séances se déroulent sur le mode que
nous avons longuement décrit. Alors que dans tout le reste du séminaire, le cas
présenté d’un malade permet une certaine distanciation, même s’il est traité en
travaillant beaucoup sur le contretransfert, dans les groupes de relaxation, le
soignant par contre est impliqué directement avec son corps propre.
Nous avons constaté fréquemment que même cette approche minimale modifiait
le discours du soignant dans la présentation ultérieure des cas.
En conclusion
Nous souhaitons souligner l'originalité de cette approche qui, tout en étant
groupale privilégie l'individu, à travers un travail sur la sensorialité, dans une
régression induite, à la fois par le groupe et par la méthode de relaxation.
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Son importance dans la formation des soignants à la relation avec leurs patients,
nous semble reposer sur le fait qu'elle leur permet de mettre en mots des réactions
corporelles contre-transférentielles, qui leur restent généralement inconnues mais
que le patient, lui, ressent fort bien.
Simone Cohen-Léon et Christiane d'Olier (AREPS)
Communication faite à Athènes en Octobre 2010 dans le cadre du congrès
européen de psychanalyse de groupe